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Galaxie - Viviane-José Restieau
Galaxie – Viviane-José Restieau

Dans l’article Préliminaire à l’amour, j’ai partagé avec vous quelques postulats, ceux à partir desquels se construit ma relation à l’amour. Je passe à une partie plus pratique maintenant, à savoir ces phares qui guident mon odyssée amoureuse.

Lorsque les gens me posent des questions sur mes amours, je n’ai pas encore trouvé de réponse simple à l’oral. Le « à propos » de mon présent site internet indique succinctement que « des déesses enchantent ma vie ».

Le fait de parler de plusieurs déesses et de fidélité et de liberté et de dire que cela n’a rien à voir avec le libertinage, le donjuanisme ou même le polyamour, voilà qui me vaut pas mal de questions. J’en ai reçu des dizaines, j’y répondrai dans une FAQ dédiée.

Le fait de parler de déesses, d’amoureuses, de nouvelles relations, risque de vous donner l’impression que je fréquente beaucoup de femmes et que je mène une vie donjuanesque. Rien de plus faux. L’art d’aimer m’a conduit à vivre en même temps un petit nombre de relations amoureuses –moins que les doigts d’une main– qui s’ordonnent suivant la même géométrie naturelle que celle relations d’amitié : certaines au quotidien, d’autres épisodiques, toutes joyeuses et libres. En tant qu’art, l’amour demande une profonde rigueur. Une rigueur bien supérieure à celle du couple romantique, le prêt-à-porter amoureux que vivent la plupart des gens. Laisser la place pleine et entière à l’énergie du sexe, du cœur et de l’esprit se construit par l’expérience. Cela demande beaucoup de délicatesse et un profond cheminement intérieur.

Je vais ici partager avec vous les 4 astres qui guident mon aventure amoureuse. Grâce à eux, des relations harmonieuses, pérennes, libres, joyeuses, créatives, peuvent non seulement exister, mais coexister, et surtout mutuellement s’enrichir. Ces astres m’offrent des repères précis et précieux dans les océans de la vie. Peut-être vous inspireront-ils aussi. Alors voici…

  1. Rien ni personne ne doit empêcher des êtres de s’aimer de la façon dont ils le désirent
  2. La vérité radicale
  3. Pas d’attachement aux formes
  4. Chaque relation doit nourrir les autres

 

1Rien ni personne ne doit empêcher des êtres de s’aimer de la façon dont ils le désirent

Cette proposition, tout le monde ou presque la signerait en bas de la page.

Quant à son application concrète, là on entre dans une toute autre histoire. Si on fait le compte, dans la société, et surtout au fond de soi, beaucoup de forces se liguent ensemble pour s’empêcher soi-même et empêcher les autres d’aimer librement. Au nom de la morale, de la peur, de la religion, des codes sociaux, du devoir, de la jalousie, de l’exclusivité, de la possessivité, de la doxa… Beaucoup se montrent prompts à s’opposer à la liberté d’aimer le jour où leur conjoint.e s’éprend d’une autre personne. La peur, la possessivité ou l’exclusivité prennent le contrôle. Les religions, elles, distillent leur curare paralysant au cœur même du processus amoureux en décidant qui a le droit d’aimer qui, et de quelle façon. Côté sociétal, certes on constate des progrès, en particulier vis-à-vis de l’homosexualité, mais bien d’autres formes de relations amoureuses demeurent taboues, en particulier celles qui ne relèvent pas du binôme classique. La norme reste finalement assez étroite.

Examinons ce premier astre de plus près…

Hippo and turtle - Hippopotame et tortueLorsque je parle de « s’aimer », rien ne dit comment. Aimer relève d’un état de conscience et d’un art (cf préliminaires) desquels toutes les formes peuvent jaillir : construire un projet ensemble, danser, fonder une famille, faire l’amour, partager une passion ou faire un voyage, peu importe. La source d’amour se matérialise en d’infinies formes qui composent l’écosystème humain. On n’aime pas ses enfants de la même manière que son conjoint ou que ses amis ou ses partenaires de travail. Aimer de la façon dont on le désire.

Kids jealousyUn des principaux ennemis de la liberté d’aimer tient dans la notion d’exclusivité. Ce mot ne veut rien dire, car de relation exclusive, je n’en ai jamais rencontrée. Il n’existe pas d’exclusivité intellectuelle, pas d’exclusivité émotionnelle, pas d’exclusivité du temps, pas d’exclusivité énergétique, pas d’exclusivité sentimentale. Il n’existe même pas d’exclusivité sexuelle si l’on étend le sexe à une notion plus vaste que le seul coït. Nos énergies, nos émotions, nos idées, nos pensées s’interpénètrent sans cesse. On s’insémine les uns les autres, on vit les uns dans les autres. Ainsi le couple, comme les autres, se laisse traverser par la grande orgie qui anime le cosmos et la société humaine.

Donc l’exclusivité n’existe pas.

Et pourtant… Si deux corps s’étreignent et jouissent en dehors du couple, là, pour beaucoup de gens ça se gâte. Quelle ligne a-t-on franchi ? Quelle trahison a bien pu se produire ? Quelque chose devient inacceptable lorsque le sexe physique entre en jeu. Le rejet, la colère, la peur s’installent. Je peux en comprendre des raisons historiques fondées sur la survie, mais je n’en trouve aucune liée à une soi-disant nature humaine, ou à notre constitution spirituelle. En tout cas, l’exclusivité coïtale (on devrait la nommer ainsi) constitue un motif fort courant de rejet de la liberté d’aimer, un refus de ce premier astre de l’amour libre dont je vous parle.

Je rappelle que ce premier astre ne dit rien sur les façons d’aimer. Si un couple se sent bien dans l’exclusivité coïtale, qu’il le fasse. Si une communauté de personnes décide de s’étreindre librement, qu’elles le fassent. Si un être se sent bien dans un célibat construit sur son mariage intérieur –son androgynat– qu’il le fasse.

Dans ma vie, cet astre éclaire les premiers pas vers la relation amoureuse. Il me permet de tenir le cap dans les tempêtes émotionnelles que les autres, parfois mes bienaimées, me renvoient. Sa brillance fait fondre les rejets que j’ai évoqués plus haut. La jalousie, la possessivité, l’exclusivité n’ont plus leur place. J’ai toujours ressenti une joie sincère lorsqu’une compagne me disait avoir rencontré un(e) partenaire qui la rendait heureuse, et j’en espère de même de mes compagnes.

« Ni rien ni personne ne doit empêcher deux êtres de s’aimer de la façon dont ils le désirent« … Portons la liberté d’aimer comme principe premier et constitutif de nos sociétés. Que les règles sociales suivent ! Que les lois suivent ! Que la société se construise autour de cet axe fondateur !

Quoi qu’il advienne, j’ai décidé de tenir bon face aux résistances qui s’y opposent ici où là. Je me donne sans relâche à ce bel astre. Parfois il m’emmène dans des mers solitaires, toujours il me garde relié à l’amour intérieur, ce qui permet de ne jamais tarir ma source d’amour.

2La vérité radicale

Qu’y a-t-il que craignent le plus les couples, et peut-être la plupart des gens ? Le mensonge et la vérité.

Cette peur pulse au cœur des relations humaines. L’éducation ne nous apprend-elle pas l’art subtil de l’évitement ? Tout petit on nous apprend à ne pas mentir, on nous apprend aussi à ne pas dire la vérité non plus. Cet art-là s’appelle la politesse. « Cela va blesser l’autre », « il n’a pas la capacité d’entendre ça », « ça fait impoli », « ça va déclencher un conflit »… autant d’arguments pour tuer dans l’œuf la vérité de notre être : idées, émotions, sentiments, peurs, aspirations profondes… En fait, qui voulons-nous vraiment protéger lorsque nous mentons par omission ? Il ne faut pas creuser bien profond pour s’apercevoir qu’on se protège avant tout soi-même des conséquences –réelles ou hypothétiques– de cette vérité que l’on bâillonne au fond de soi pour ne point la dire à l’autre.

En taisant notre vérité intérieure, non seulement nous perpétuons une société de l’évitement, mais nous n’offrons pas à l’autre la liberté de se déterminer par rapport à cette vérité. On ne lui laisse pas le choix de sa colère, de sa joie, de ses découvertes possibles, de sa résignation, de ses processus intérieurs. Par omission, nous participons activement à la culture de de la séparation.

J’ai choisi la vérité radicale dans ma vie. Bien entendu elle se manifeste avec intensité dans le creuset de la relation amoureuse. Je n’y cache ni mes émotions, ni mes sentiments, ni mes choix, ni mes pensées, ni mes actions, ni mes peurs, ni mes zones d’ombre. A partir du moment où j’ai la conscience de quelque chose, cette conscience devient disponible à ma Belle. Les éventuelles blessures qu’elle peut vivre par rapport à cette vérité lui appartiennent. Laisser l’autre aller dans ses propres espaces de souffrance relève aussi de l’art d’aimer. Il suffit de rester présent et aimant.

Magritte - La clairvoyance
Magritte – La clairvoyance

Ce faisant, j’ai appris par la pratique que la vérité relève d’un art au moins aussi sophistiqué que celui de l’évitement, et que celui de la politesse. Il faut voir la vérité comme un cadeau, un don. On apprend à offrir la vérité de son être, à la rendre disponible à l’autre, et non à l’imposer. On apprend les mots qui habillent la vérité nue de bienveillance et de douceur. On apprend à exsuder toute toxine résiduelle qui pourrait empoisonner cette vérité.

Pour moi, la vérité constitue la colonne vertébrale de toute relation intime, ce qui la maintient droite, debout, vivante, vibrante. La vérité doit arriver neutre et nue, au service de l’autre, au service de soi, au service de tous. Souvent, la vérité représente un investissement, parfois très loin dans le temps, parfois au-delà même de notre horizon de vie. Il faut aimer beaucoup pour dire la vérité, et il faut la vérité pour aimer beaucoup. Je n’ai jamais cru à l’amour qui ment ou qui omet.

Si une relation amoureuse avec une nouvelle personne commence à grandir, je dois cette vérité auprès des êtres aimés. Qu’ai-je vécu ? Comment s’amorce cette nouvelle relation ? Comment la vivent ma ou mes partenaires actuelles ? Que ressentent-elles ? Ont-elles des demandes à formuler ?

On me demande souvent si ma ou mes partenaire connaissent mes autres amoureuses. Oui. Toujours. Aucune des femmes auprès desquelles je marche dans la vie n’ignore l’existence des autres. Certaines se connaissent bien, s’apprécient et se rencontrent. Je porte en moi cette intention de la simplicité, de l’appréciation mutuelle. Je chéris les relations qui s’harmonisent, comme la mélodie de différents instruments dans un orchestre. Je chéris ce qui s’ajoute et s’enrichit. Le texte « Ton plus beau cadeau » ne dit rien d’autre.

On me demande également si j’accepterais que ma ou mes partenaire(s) aient elles aussi des amoureux. Bien sûr. A partir du moment où une relation les enchante, les fait vibrer, ouvre plus encore leur cœur, leur corps, leur esprit, pourquoi devrais-je m’indigner ? De quoi devrais-je avoir peur ? Au contraire, leur bonheur ne peut que me rendre joyeux. Comment peut-on prétendre aimer si l’on rejette l’amour ?

La vérité radicale permet nous rend grands. Elle se pratique au quotidien, à chaque instant, en désactivant le pilote automatique, en respirant.

3Pas d’attachement aux formes

La vie et l’univers tout entier génèrent des formes, tout le temps. Des nuages, des fleuves, des corps, des planètes, des relations, des processus… La relation entre les êtres possède, elle aussi, des formes : le couple, la famille, l’amitié, la parentalité, le travail, le voisinage…

La relation amoureuse humaine a ses formes bien à elle. On leur a donné des noms : conjoint.e, amant.e, mari ou femme, amoureux.se, fiancé.e, concubin.e… Reconnaissons que cette pauvre nomenclature ne permet pas de représenter la diversité et la richesse réelle qui compose nos relations amoureuses.

La loi de l’impermanence des formes implique que les relations évoluent et se transforment, car individuellement nous évoluons et nous nous transformons sans cesse. On le voit bien dans la parentalité. Tout au long du parcours de vie de l’enfant, du bébé à l’adulte, la relation parent-enfant se transforme, rapidement, parfois brutalement. Que l’on m’explique pourquoi, en matière d’amour, on se fait autant de mal à essayer de se figer dans une forme, comme si cela allait durer pour toujours ! Pourquoi oublie-t-on que chacun va changer, se transformer intérieurement et physiquement, et que la relation va forcément devoir évoluer ? Quel fantasme égotique d’éternité figée nous plonge dans la naphtaline avant l’heure ? Cela me semble aussi naïf et futile que de s’engager à porter un seul et même costume toute sa vie.

Love in pipesLaisser la relation évoluer vers là où nos êtres grandissent permet de nous offrir la véritable fidélité l’un à l’autre. On vit à deux aujourd’hui ? Peut-être vivra-t-on à trois demain. Dans un même lit ? Ou séparément ? A moins qu’on ne se voie de temps en temps, durant les vacances, ou une fois tous les dix ans ? Ou plus jamais ? En s’autorisant la transformation de la relation, on s’offre le cadeau de pouvoir s’aimer à nouveau, différemment, en harmonie avec l’évolution de nos êtres. On peut aussi s’aimer en ne se voyant plus. Les liens invisibles existent également. N’aimons-nous pas nos chers disparus ?

La forme doit servir le fond, et non le contraire. Bien sûr que cela n’a rien de facile. Nous avons un attachement naturel aux formes car elles représentent des espaces familiers dans lesquels nous nous construisons, dans lesquels on a banni, pour un temps, l’inconnu. Quitter le connu, ça fait peur. Cela s’apprend.

Le non-attachement aux formes nous fait passer par des deuils sains. Ils font partie de la vie. On comprend et on accueille ce processus avec nos enfants. Quel parent ne ressent pas de la tristesse lorsque s’achève la petite enfance, cette période enchanteresse ? Ou lorsque l’enfant entre dans l’adolescence ? Ou lorsqu’il quitte le foyer pour déployer ses ailes dans le vaste monde ? Autant de deuils qui nous attendent, nous les parent, mais qui ne doivent pas nous faire oublier qu’après la mort d’une forme, une nouvelle va bientôt jaillir, même si on ne sait pas encore laquelle. Il en va de même pour les relations amoureuses. Laissons-les évoluer librement, sans attachement. Et tenons-nous la main.

Aussi je conseille à tous les couples (et trios, etc) qui se forment de promettre fidélité… à ce non-attachement aux formes. Autorisez votre relation à se réinventer chaque jour. Laissez les formes mourir pour laisser l’amour vivre. Donnez-vous beaucoup de temps seul.e avec vous-même, temps que vous offrez à votre couple intérieur. Votre relation à l’autre s’en nourrira, s’en regénérera. Accueillez les deuils et les larmes le temps venu. Forme matérialisée de la conscience, l’eau qui coule quitte une forme originelle pour une autre. L’eau se « décontient » pour donner vie à de nouvelles formes dans le terreau fertile de la vie.

4Chaque relation doit nourrir les autres

Il ne faut jamais perdre de vue que nous vivons dans une constellation de relations. Chaque nouvelle rencontre transmet ses vibrations dans cette constellation comme un insecte dans une toile d’araignée. Vibrations intellectuelles, émotionnelles, énergétiques, spirituelles, psychologiques que nous vivons intérieurement au contact de l’autre. Ces mouvements de contact, nous les répercutons auprès de nos proches, consciemment ou pas.

Natalia Mesa - Web of Love
Natalia Mesa – Web of Love

Ainsi une nouvelle amoureuse potentielle ne rencontre-t-elle pas simplement « Jean-François », mais « Jean-François dans sa constellation d’amour », autrement dit les êtres avec qui il partage déjà sa vie. Cela nous renvoie à l’astre précédent, celui de la vérité radicale.

La plupart des couples voient une nouvelle relation d’un des partenaires comme une soustraction et une division. N’implique-t-elle pas « moins de temps ensemble » ? « L’attention détournée vers l’autre » ? « Des sentiments moins forts » ? Si le processus d’entrée d’une nouvelle relation navigue à la lumière des astres que je cite ici, alors, par un mouvement naturel, une nouvelle relation va nécessairement nourrir les autres, se coconstruire avec les autres. Peu importe la forme une fois de plus. L’acte de vérité radicale provoque des alchimies génératives et enrichir la constellation des relations. On sait faire cela avec l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille, avec l’arrivée d’un nouveau collègue dans l’entreprise… pourquoi ne saurions-nous pas le faire avec l’arrivée d’un.e nouvel.le amoureux.se ?

Lorsque qu’une possible rencontre amoureuse se présente à moi, j’ai conscience de l’impact qu’elle aura sur mes proches si elle prend corps, à commencer par mes amoureuses actuelles. Je laisse alors s’opérer un processus alchimique délicat et rigoureux, celui de l’alignement intérieur, nourri par la joie. Cet état doit infuser chaque décision, chaque parole, chaque mot, chaque acte. Même si je ne connais pas la destination finale, un pas, puis un autre, puis un autre, en intégrité, me mèneront toujours à l’endroit juste. L’eau sait-elle où elle va ? La conscience fonctionne ainsi. Il suffit de lui laisser suivre les contours de la vérité sans chercher à altérer son cours. Tout ira là où il faut, au détour des montagnes et des plaines. Je laisse depuis longtemps ma vie se construire sur cette dynamique de la conscience-eau, ma vie amoureuse n’y échappe pas. Au monde comme à mes Déesses, je veux offrir ce respect et cette intégrité.

Il suffit donc de faire appel à cette intelligence qui sait. Les questions du partage du temps et du qui vit avec qui se résolvent toutes seules car dans l’amour véritable le temps ne se voit plus en grands blocs rivaux. On vit le temps de manière fractale, où tout se retrouve dans tout, où la profondeur de l’instant, donc sa qualité, prévaut sur l’étendue du temps, sa quantité. Bien sûr que l’arrivée d’un.e nouveau.elle partenaire peut altérer les autres formes de relations, provoquer des deuils, des transformations (cf second astre), mais si on les traverses dans l’acte de vérité radicale, cela nous conduit toujours vers du meilleur. Toujours.

Rune Guneriussen - Evolution #4
Rune Guneriussen – Evolution #4

Voilà donc ces quatre astres qui guident ma vie amoureuse. J’espère qu’ils pourront vous servir à vous aussi. N’oubliez pas qu’ils vous faut d’abord avoir exploré vos propres processus d’attachement, de possessivité et d’insécurité avant de pouvoir naviguer sereinement sur ces mers lointaines. Pour beaucoup, les perditions dans l’amour romantique restent encore un parcours initiatique nécessaire, tellement bien décrit par Paule Salomon dans son ouvrage « La sainte folie du couple« . Il faut parfois avoir tourné en rond dans la même cage de nombreuses fois avant d’oser la quitter pour l’inconnu.

Je tiens à exprimer toute ma gratitude et tout mon amour auprès des Déesses qui ont pris le risque de danser à mes côtés, avec tout le courage que cela demande. Avec quelques-unes nous partageons une ardente relation amoureuse. D’autres ont choisi d’autres partenaires, la relation a vécu ses transformations et ses deuils. Je garde avec elles une complicité profonde et une indéfectible gratitude du chemin que nous continuons de partager.

jf

There are 7 comments on this post
  1. juillet 05, 2014, 7:24

    […] Mais d’abord, amour oblige, commençons par les préliminaires. Vous pouvez ensuite enchaîner sur l’Homme Lunaire, puis Les 4 astres de l’amour libre. […]

  2. août 11, 2014, 12:11

    Oouffff…, merci Jean-François. merci de cet univers de bienveillance et de bonté que tu me confirmes au travers de ces pages de poésie naturelle, les esquisses simples de la liberté de mon être dans la pleine puissance de son amour fulgurant et Ooh combien vulnerable.
    Le cœur souverain de mon âme plane majestueusement au-dessus de ces vastes contrées enivrantes d’un amour qui inclut dans son étreinte, sauve par son regard, et nourrit de son sourire satisfait. Mon être dans son désir épris de beauté, virevolte et cabriole encore souvent pour reconnaître et éviter les fronts froids des basses pressions trompeuses, des turbulences manipulatrices, des « je te veux… » qui prennent plutôt que de s’offrir, et les orages de jalousie sous-entendue et justifiée.
    Mais imaginer l’histoire en couleur de cette nouvelle contrée de liberté fraiche et aisée, même si complexe et ardu dans la simplicité nue de son grand air vivifiant, m’ammène le bonheur de respirer cet oxygène régénéré au travers de tes phrases sculptées par l’air d’un nouveau temps.
    J’inspire cette aspiration inspirée d’un grand amour avec chaque fibre de mon corps, chaque battement de mon cœur, et chaque clin d’œil à ta plume, bel oiseau de temps immémoriaux…

    • août 11, 2014, 9:28

      Bonjour Olivier,
      Quelle joie de lire tes mots, de recevoir ton accueil et la poésie de ton cœur ! Je sais à quel point tu vis dans cet air du temps, combien tu sais aimer de cet amour qui ne possède pas, mais qui libère. Puissent celles que tu croises se montrer à la hauteur de la flamme que tu portes.

  3. robin
    mars 07, 2016, 12:20

    Bonjour Jean-François, merci pour ce texte, j’aime beaucoup ce que tu y dis, certainement parce que j’y retrouve certaines de mes pensées du moment, même si cela paraît plus clair et étayé que mon brouillard et mes incertitudes sur ces questions 🙂 j’y trouve des choses audacieuses pour la vie, à la mesure de ce que mérite certainement la recherche du bonheur ! Tu m’impressionnes ! J’aime beaucoup en particulier cette idée que le besoin de posséder, la jalousie, la peur sont des poisons pour l’amour et la vie. Et puis je me retrouve aussi dans la recherche, le partage, l’acceptation de la vérité et de l’évidence de ce que nous sommes… enfin je m’y retrouve autant que dans la remise en question, l’ouverture au changement, l’exigence, la tentative d’élévation 🙂
    Ton texte pose évidement milles questions aussi pour moi comme si aucune évidence sur tout çà ne pouvait s’imposer autrement qu’avec le temps et les détails de l’expérience vécu (que tu as je m’en doute mais que j’ai beaucoup moins…). Le temps d’ailleurs trouve difficilement sa place dans tes 4 astres, parce que si j’aime saisir la grandeur de l’instant présent je ne voudrais pas avoir de préférence pour les instants les plus courts et j’ai même tendance à penser que les plus beaux spectacles sont ceux qui durent une vie. En tout cas c’est vraiment ce que je recent en voyant grandir mes enfants. La fidélité pour moi c’est la fidélité à ce que peut révéler le temps, la transformation des êtres.
    Je suis un peu perplexe devant l’impératif de forme que tu mets dans « chaque relation dois nourrir les autres ». Est-ce que cela ne va pas à l’encontre de la liberté qui doit exister dans chaque relation ? n’est-ce pas d’une certaine manière un peu violent ou rigide d’imposer à tes nouvelles relations de nourrir les autres ? de s’adapter ? parce que aimer c’est donner de la place à la vérité de l’autre, à sa singulière différence, en prendre soin, c’est accepter de remettre en question son propre système… j’aime bien le mot « accorder » je crois nos expériences, nos paroles, nos relations, nos pensées, notre manière d’être, nos actions, … une constellation de choses qu’il nous faut chercher à accorder. Une tâche que je trouve aussi belle que difficile. D’ailleurs le résultat d’un accord est certainement cet état dont tu parles où « chaque relation dois nourrir les autres » mais la difficulté est bien qu’un accord ne dure pas, et qu’il faut en chercher de nouveaux, et alors avec quelle violence ou quelle musicalité choisit-on de parcourir le temps à travers de nouvelles harmonies ? Derrière toutes ces possibles manière d’être se cachent des choix existentiels qui sont autant de façons d’harmoniser un même thème avec toujours la recherche d’accords. Toi qui aimes la musique tu vois de quoi je parle 🙂 La recherche de vérité, la liberté, la relation à l’autres, à d’autres, la fraternités… beaucoup de choses, de forces qui ne demandent qu’à vivre et qui ne vivent pas naturellement dans les même directions non ? des chose qu’il nous faut accorder. Je ne voudrais pas trop insister sur la difficulté de la chose parce qu’il ne faut pas s’enfermer dans la croyance d’une difficulté mais … L’amour est un beau liant mais c’est un mot qui cache la forêt ou une forêt qui cache chaque arbre particulier. Comme le mot liberté d’ailleurs. A ce propos Bernanos a d’ailleurs des mots que j’aime beaucoup
    « Que de gens se prétendent attachés à l’ordre, qui ne défendent que des habitudes, parfois même un simple vocabulaire dont les termes sont si bien polis, rognés par l’usage, qu’ils justifient tout sans jamais rien remettre en question? C’est une des plus incompréhensibles disgrâces de l’homme, qu’il doive confier ce qu’il a de plus précieux à quelque chose d’aussi plastique, hélas, que le mot. »
    (C’est dans le journal d’un curé de campagne)
    Finalement je crois que çà rejoins un peu ce que tu dis dans l’idée que chacun doit inventer sa manière de vivre l’amour. Après il ne faudrait pas avoir peur des grandes formes par désir de ne pas faire comme les autres 🙂 trop de choses sont simplement créées par nos égaux et la richesse de ce qu’ont vécu nos pères me semble intéressante (à commencer par la tienne sans doute). La musique tu le sais a des formes, ces formes ne sont pas seulement des conventions, la convention c’est ce que l’on voit quand on ne comprends plus les causes « la station de correspondance entre l’être et l’oubli » dirait Kundera, pour moi les formes de la musique sont aussi une autre manière d’inscrire la beauté de ce qui nous anime dans d’autres durées, des temps plus longs justement. Le temps encore. Par exemple la relation que j’ai avec mes enfants a une forme je crois ! à la limite qu’appelles-tu forme ? puisque cela semble être un élément empêchant une bonne relation, un de tes 4 astres, tu dois pouvoir mieux le définir non ? J’aime penser que nos traces dans la vie justement sont des formes que l’on dessine comme une seule oeuvre que l’on pourra regarder avec un sourire de tendresse envers la vie dans notre dernier souffle.
    Moi encore bien trop jeune pour parler avec certitude sur la vie j’aime trop penser qu’elle et ses détails nous enseignent des choses toujours plus complexes et infiniment plus riches que lorsque nous cherchons seulement à les penser sans les vivre. Aussi peut-être un jour aurais-je la chance de t’entendre un jour raconter ces détails qui donnent corps à ta vie que je ne connais pas du tout ! parce que j’ai l’air de critiquer mais je trouve ta pensée forte et belle, elle rayonne ! assez en tout cas pour donner soif de lumière, assez pour plisser un temps les yeux histoire de ne pas être ébloui, assez pour donner envie d’échanger d’apprendre des détails autant que des grands traits de ces formes dont tu nous parles 🙂
    au plaisir d’en reparler avec toi !
    Amicalement
    Robin

    • mars 17, 2016, 9:44

      Cher Robin,
      Quelle beauté, quelle puissance et quelle profondeur dans tes mots, dans tes interrogations, dans tes questions ! Cela me touche et m’honore. Un grand merci que d’avoir ouvert cet échange. Cela me permet d’aller revisiter ce que j’ai écrit, d’en tester plus avant la solidité, et de remettre en question ce qui pourrait apparaître comme fragile ou peu étayé. Voici donc…
      Tu dis te sentir un peu perplexe devant l’impératif de forme que je mets dans “chaque relation dois nourrir les autres”. En fait, je ne crois pas mettre d’impératif de forme, plutôt un impératif d’objectif. A chacun de trouver la forme qui convient pour tenir cet objectif. Lorsqu’une personne me rencontre, elle ne me rencontre pas moi tout seul, elle rencontre la constellation d’êtres qui font partie de mon être, ceux qui fleurissent mon présent, ceux qui ont marqué mon passé, ceux qui ont vécu avant moi. Il se passe bien sûr la même chose lorsque je rencontre quelqu’un : je rencontre une constellation d’êtres invisibles, mais bien présents. Je trouve important de se vivre comme tel, comme une constellation d’êtres qui habitent notre personnalité, nos croyances, notre comportement, nos choix. On ne rencontre jamais une personne seule, ça n’existe pas. Une fois qu’on a pris conscience de ça, on peut l’intégrer ou le laisser de côté. J’ai choisi de l’intégrer, de tenter de vivre, pour reprendre tes mots, un accord, une harmonique. Bien sûr je ne peux pas décider à la place des autres de qui va apprécier qui. Ca leur appartient. Mais en rendant transparent ma propre constellation d’êtres, j’ouvre déjà les possibles, j’offre aux autres la liberté de leurs décisions, de leurs postures. Dans le domaine amoureux, deux femmes qui enchantent ma vie peuvent alors décider elles-mêmes de la relation qu’elle vont avoir puisque je ne m’impose plus au milieu comme filtre ou arbitre. Je ne cache pas l’une à l’autre, je n’impose pas une forme, une façon de se rencontrer. Elles choisissent, ça leur appartient. Elles n’auraient jamais eu ce choix si je n’avais pas offert cette transparence à l’origine. Si, dans une relation amoureuse naissante, je perçois de l’hostilité, du rejet, de la volonté de contrôle, du jugement à l’égard des autres êtres qui enchantent ma vie, alors la relation ne peut aller plus loin. Impossible, à moins qu’un processus d’ouverture et d’accueil de la part de chacun nous conduise à la bienveillance souhaitée. Cette bienveillance, je le répète, n’implique pas que tout le monde tombe amoureux de tout le monde, mais que chacun, à minima, cohabite avec bienveillance, physiquement ou dans nos espaces émotionnels.
      Sur la question des formes : je te rejoins complètement dans ce que tu dis. Tout ce qui existe a une forme. Nos relations ont une forme. Et les formes se transforment dans le temps, dans des temps différents en fait. Les temps cosmiques, le temps de l’horloge des Hommes, le temps du vivant, le temps des émotions, le temps d’un souffle, le temps d’une vie. Nos souffrances viennent de notre attachement à ces formes. Il suffit de regarder le nombre de couples qui suivent la voie du mariage par exemple, et qui se déchirent plus tard pour « divorcer ». Combien, plutôt que de rester dans l’arrachement d’une forme passée, s’investissent dans une recherche constructive, imaginative, de la nouvelle forme qui va convenir ? Ne plus se fréquenter, cohabiter différemment, se revoir de temps en temps, laisser place à une camaraderie… nous avons une palette infinie pour exprimer ce qui veut jaillir du fond. Beaucoup de gens restent crispés par la violence de la forme qui se meurt plutôt que de devenir les artistes des formes suivantes. Bien sûr qu’il y a des deuils, cela fait partie du processus de toute transformation. Quelque chose meurt avant qu’autre chose naisse. Tout se joue donc dans notre posture par rapport à ces morts incessantes que nous impose la vie, cela nous renvoie à la question de la maturité de l’être. Combien d’êtres ont atteint la maturité nécessaire pour vivre ? Ces morts que nous vivons viennent comme autant d’enseignements pour apprendre à vivre. Certaines nous paraissent insurmontables, je pense en particulier à la mort physique d’êtres chers. Qui peut prétendre à l’avance qu’il a « dépassé » ça ? Pourtant, un jour ou l’autre, sonnera l’heure des adieux. Il vaut mieux s’y préparer.
      J’aime beaucoup la citation de Kundera que tu partages, la convention comme « station de correspondance entre l’être et l’oubli ». Tellement vrai ! La vie nous invite à communiquer directement avec l’impermanence, donc la forme non-figée, qui ne saurait effectivement se calcifier dans la convention. Plus facile à dire qu’à faire, bien sûr, car les conventions habitent notre inconscient, elles structurent notre pilote automatique, à commencer par la langue. Chaque mot n’existe-t-il pas comme une convention ? Il en faut, du courage et de l’énergie pour déconstruire une à une chaque convention débusquée au détour du chemin. J’aime les chasser sans relâche pour nourrir un dialogue intérieur vivant avec les formes, une danse incessante qui les transforme et nous transforme.
      Voilà, cher Robin, quelques pensées que la lecture de tes mots m’inspire. Je t’en remercie. Au plaisir de continuer cet échange, et d’en ouvrir d’autres !

  4. avril 08, 2016, 10:18

    Cher Jean-François,
    merci.
    Je n’ai aucune expérience concrête dans le poly amour, je sens juste un écho en moi, ma capacité grandissante et infini d’aimer dans cet espace.
    Je me rend compte très vite que cela nous confronte à nos peurs, à nos croyances, à toutes zones d’ombre sur lesquelles nous nous sommes aussi bâtis.
    Pour basculer vers cet uni-vers-elles, il est utile de profiter de l’expérience des autres, de leur sensations, de leur émotions, parce que chaque être reflètent une couleur unique de notre entité. Chaque pas partagé par l’un est une connaissance apportée de l’ UN-connu à l’autre. (même si elle reste subjective)
    C’est en cheminant patiemment, dans les moindre recoins, que l’être de coeur trouve des vérités de plus en plus large, de plus en plus universelles, accessibles à tous.
    Cette page est un écrin renfermant 4 perles précieuses, 4 clés à détenir pour franchir ces portes vers la liberté de semer, s’aimer.
    Avec toute ma gratitude,

    • avril 09, 2016, 7:24

      Cher Fabrice, merci beaucoup pour votre retour. Avec toute la vie expérimentale que je mène, je ne connais pas de domaine plus difficile que celui de savoir faire évoluer notre capacité d’aimer. Cela attise nos plus profondes peurs et passions. Ravi que ces quelques mots d’expérience aient pu vous inspirer.

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