Vivre riche
En septembre 2009 a jailli en moi le vœu de richesse. Il exprimait une démarche projetée dans le futur. Aujourd’hui, ce vœu fait tellement partie de moi que je n’y pense même plus.
Cette démarche a deux conséquences : quitter peu à peu l’argent, et vivre dans l’économie du don.
Quitter l’argent…
Mes recherches en intelligence collective montrent combien l’argent constitue aujourd’hui une technologie dépassée. L’argent existe comme catalyseur de l’intelligence collective pyramidale, caractérisée par la concentration des pouvoirs et des ressources, la rareté comme moteur de dynamique sociale et économique. L’argent ne survivra pas à l’avènement de l’intelligence collective holomidale qui déjà commencé à développer ses propres technologies pour soutenir son économie, fondée sur le mutualisme, les réseaux distribués, la richesse intégrale.
Utiliser moins d’argent m’incite à prendre le recul nécessaire non seulement pour comprendre la dynamique sociale d’aujourd’hui, et surtout à imaginer comment faire mieux. Avec d’autres chercheurs, nous œuvrons sur les technologies de la société post-argent qui permettront à tout organisme social de rendre visibles et de réguler les formes de richesses nécessaires à son existence.
Des personnes ont choisi de vivre sans argent, ce qui occupe 100% de leur temps. Étant donné qu’elles documentent bien cette précieuse expérience, cela me permet pour ma part d’agir sur d’autres fronts.
La FAQ vous en dira plus.
Economie du don
Je vis dans l’économie du don depuis septembre 2011. J’ai choisi cette façon d’exister dans un monde où tout se vend et s’achète, dans une culture où le terme “gagner sa vie” ne choque personne. Pour autant, ma vie, je l’ai gagnée à la naissance.
Tel un arbre, je mûris mes fruits et les offre à qui veut. Tout ce que je reçois vient sous forme de cadeau. Les richesses matérielles qui se manifestent ne proviennent pas d’une vente ou d’un échange. Elles arrivent par gratitude, par joie, par amitié : un repas, un sourire, un voyage, un vêtement, un outil, une connaissance, un logement, un soin, un livre, de l’argent, un merci, un savoir-faire, un conseil, un outil de travail, un instrument de musique…
Les sociétés à intelligence collective pyramidale ont développé une ontologie puissante et complète pour décrire l’économie de marché, car cette dernière fait partie de leur ADN. L’économie du don, elle, ne se voit attribuer que de quelques mots flous, incomplets et approximatifs qui ne permettent pas d’en décrire tout le champ. Nous avons besoin d’un langage pour en déployer la connaissance et l’ingénierie, ce à quoi je m’emploie. D’un point de vue systémique, l’économie du don s’avère beaucoup plus complexe et riche que l’économie de marché. Sa complexité croît exponentiellement avec sa taille, cela explique pourquoi l’économie du don n’a jamais dépassé le stage des micro-communautés à intelligence collective originelle. La toute jeune intelligence collective holomidale nous affranchira de ces limites une fois qu’elle aura construit ses outils.
Vivre dans l’économie du don nous fait quitter beaucoup de croyances, de comportements, de pensées et de conditionnements portés par le “nous” qui se manifeste de manière inconsciente dans le “je”. Je pense en particulier au pauvrisme qui instille l’idée que vivre dans l’économie du don nous rend pauvre, que l’on ne reçoit dans son chapeau tendu que les pièces jaunes que veulent bien nous donner quelques âmes bienveillantes, que l’on passe son temps à survivre plutôt qu’à vivre. Détrompez-vous. J’ai appris combien exister dans l’économie du don constitue la meilleure façon de manifester le vœu de richesse et d’évoluer dans la richesse intégrale. Même si mon bilan financier flirte souvent avec le zéro, même s’il m’arrive de ne pas savoir ce que je vais manger demain (ce qui arrive en cet instant même où j’écris cet article), mon bilan richesse s’avère extraordinaire. Je n’ai, malgré les incertitudes du moment, jamais eu ni froid ni faim. Ni peur.
Justement, la pratique de l’économie du don nous fait rencontrer une loi essentielle de l’univers : la providence. Pour celui qui crée de manière joyeuse, inspiré par son essence, se produit un phénomène symbiotique avec l’univers : on reçoit ce dont on a besoin, au bon moment. Souvent au dernier moment. Nulle manipulation ne permet cela, il s’agit simplement d’exister, totalement, pleinement, et de ne pas craindre la mort. J’évoque la providence (ou sérendipité pour prendre un terme contemporain) non comme un concept philosophique ou religieux, mais comme une expérience. Ne jugez pas, ne rejetez pas cela tant que nous n’avez pas vous même expérimenté.
Et chemin faisant, j’aurai toujours une grande joie à partager l’expérience qui se construit autour de cette pratique.
Et puis… n’hésitez pas à vous rendre sur la page richesses désirées, si vous voulez participer à mon aventure.Bandeau : Gustav Klimt – bas du portrait d’Adele Bloch-Bauer I (1907)
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