';

Information

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut rhoncus risus mauris, et commodo lectus hendrerit ac. Nam consectetur velit et erat fermentum aliquet. In laoreet, sem sit amet faucibus pulvinar, purus tellus tincidunt ex.

Recent Posts

Dans l’esprit des Lives Évolutionnaires
Petit manuel de la pensée spéciste

Foire aux questions

Que combattez-vous ?

Je ne me bats contre rien ni personne.

Bien que les explorateurs se fassent souvent traiter de marginaux ou de fous par une partie de la société, ils n’agissent pas contre elle. Ils écoutent en eux ce qui veut émerger et prendre forme. En ce sens je vis une vie d’artiste plus que tout autre chose. Une vie de chercheur, d’explorateur, d’un homme cherchant la liberté.

Vous considerez-vous comme un activiste social ?

Non. Sans vouloir caricaturer, l’activisme social me montre beaucoup de gens qui réagissent à un système et qui veulent le changer. Je ne me retrouve pas dans cette dynamique.

A la réaction, je préfère la création. Je préfère imaginer et inventer quelque chose de tellement nouveau et attractif que l’ancien n’a plus besoin d’exister. Un jour il tombera tout seul de sa branche. Dans la réaction, on aboutit à ce que j’appelle une symbiose polarisée : la droite et la gauche ; le syndicat et le patronat ; le peuple et le pouvoir ; les juifs et les musulmans ; les pro-nucléaires et les anti-nucléaires ; les pro-OGM et les anti-OGM ; les écolos et les libéraux ; les 99% et le 1%, le « nous » (la norme) et les terroristes, etc. Chaque chaque côté devient le problème de l’autre, chaque côté évolue par rapport à l’autre, et donc s’enferme dans le paradigme de l’autre. Au bout du compte cela produit un corps social très stable, posé sur deux jambes en opposition.

Même si l’on ne se déclare pas d’ennemis à combattre, voir le monde comme un problème à résoudre nous place également dans une forme de réaction. On s’enferme dans l’énoncé du problème, et donc dans son paradigme. Vivre une réalité constituée comme un problème — réchauffement climatique, inégalités sociales, pollution, ignorance, consumérisme, etc — ne m’attire pas. Je me sens enfermé et limité. Et je vois la joie tomber.

J’aime faire claquer l’étincelle et faire s’ébrouer l’artiste ! J’adore faire jaillir des mondes nouveaux ! Et si dans ces nouvelles réalités les anciens problèmes ne se reproduisent plus, tant mieux.

L’art se présente de mille et une façons. Il y a les formes qu’on connaît bien : musique, écriture, peinture, danse, architecture… J’y inclus également la science. Eh oui, l’énoncé de nouvelles théories, l’imagination empirique, l’innovation technique, l’invention de nouveaux langages pour donner corps aux nouvelles réalités de notre expérience sensible… autant de formes qui jaillissent de l’être. Comme tous les arts, la science connaît l’académisme, la répétition stérile du modèle. Je crois que les gens perçoivent la science plus souvent sous cet angle-là. Cette dernière ne m’intéresse pas, j’aime la science-art, celle qui invente les nouveaux mondes.

La science, l’écriture, les arts martiaux et la musique m’envoient dans les étoiles.

Avez-vous une affiliation avec un mouvement ou une idéologie politique ?

Non. Communisme, capitalisme, socialisme, anarchisme, libéralisme, royalisme… autant d’idéologies qui appartiennent à l’intelligence collective pyramidale, au passé. Elles n’ont plus aucun sens pour qui a migré vers l’intelligence collective holomidale.

Avez-vous peur ?

Non.

Qu’essayez-vous d’accomplir ?

De par ma recherche en intelligence collective, j’ai vite compris qu’on ne pouvait d’un côté prôner la synergie, le partage, l’unité, et de l’autre utiliser un système monétaire fondé sur la rareté, stimulant la compétition et la prédation. Voilà qui m’a ouvert les yeux : l’économie, et plus particulièrement le système monétaire sur lequel elle se fonde, constitue une partie importante de l’ADN du vivant social. Mes recherches m’ont convaincu qu’on peut créer des systèmes économiques justes, contrôlés par la société civile, transparents, pluriels, open source, qui représentent l’économie réelle. Il suffit de s’approprier et de contrôler la technologie. Seuls l’ignorance et l’obscurantisme de notre époque nous en empêchent encore.

Des idées, il fallait passer à l’action. Sur le plan extérieur, nous devenons maintenant de plus en plus nombreux à créer l’infrastructure technique de cette nouvelle économie. Voir les sites holo.host, holochain.org, metacurrency.org. Sur le plan intérieur, je ne vois pas comment je puis explorer et ouvrir des voies nouvelles si je ne m’extrais pas moi-même du système présent, au moins jusqu’à un certain degré. Je ne connais pas d’autre façon de comprendre l’emprise psychologique que l’argent opère sur la psyché humaine. Quitter l’argent me met certes en danger dans une société où tout s’achète, y compris les besoins les plus basiques tels que la nourriture et un toit. Il faut payer pour rester en vie. Tout le temps. L’expression commune “gagner sa vie” ne traduit-elle pas cette violence absolue ? Ne dit-elle pas implicitement que le droit de vivre ne s’acquiert pas par la naissance, mais qu’il doit se conquérir dans une vision belliciste du monde ? On n’imagine pas à quel point le langage commun porte en lui des idéologies archaïques aussi violentes que fausses.

Pour vous, acheter veut-il dire posséder ?

Les moyens que nous utilisons pour accéder aux biens matériels influencent la relation que nous établissons avec lesdits biens. Les avons-nous acquis par un vol, une conquête, un troc, un achat, un prêt, un héritage, un don ? Avons-nous utilisé une monnaie, et si oui laquelle ? Suivant le mode d’acquisition, la destinée et la dynamique sociale rattachée à chaque bien diffèrent grandement.

Acheter et posséder, aussi neutre que cela puisse paraître, nous lie à un vol originel. « La propriété, c’est le vol« , disait Proudhon. Vol d’une terre, d’une chose, d’un être vivant. La rareté de argent qu’il faut « gagner » attise l’état d’esprit de la conquête, de la compétition, de la propriété, de la possession. Ça flotte dans l’air, dans la culture, au point qu’on n’y pense même plus. Ces maux s’estomperont lorsque nous utiliserons des monnaies suffisantes qui circuleront en proportion directe avec la capacité d’engagement économique de chacun. Quant à l’économie du don, elle nous amènera à un tout autre niveau si nous arrivons à la développer à grande échelle.

Ainsi la façon dont un conçoit une monnaie attise des état spécifiques de conscience : prédateur, archaïque, conquérant dans le cas de l’argent. Ouvert et généreux dans le cas de monnaies suffisantes. Compassionnel et créatif dans le cas de technologies supportant l’économie du don. L’obsession de la possession nous tourmente moins dans une économie de monnaies libres que dans une économie d’argent rare. Cette obsession nous quitte complètement en contexte d’économie du don.

De plus en plus de gens réaliseront que l’évolution de la conscience de l’humanité nécessite l’usage d’un nouveau langage : le langage des flux. Une révolution aussi importante que l’écriture en son temps.

Vos choix économiques et de vie ne vous placent-ils pas au-dessus des lois ?

Je vous invite à lire cet article.

Y a-t-il des choses qui vous manquent ?

Jusqu’à présent, non.

Comment faites-vous pour l’éducation de votre enfant ?

Pendant son enfance, mon fils Estéban a fréquenté une école Waldorf-Steiner, ce qui nécessitait de l’argent conventionnel. J’ai reçu de beaux soutiens pour lui. Estéban voudra-t-il suivre des études coûteuses ? Il ne sait pas encore. Je fais confiance à ses décisions, la richesse se manifestera le temps voulu.

Avez-vous gardé un compte en banque ?

Quand mon aventure a commencé dans l’économie du don en septembre 2011, j’ai quitté le système bancaire et la dette. Je devais opérer une séparation nette.

Mais puisque beaucoup d’entreprises me demandent de les accompagner, j’ai réactivé un compte en banque et mon ancrage dans le système conventionnel. Lorsque des personnes de l’entreprise veulent m’offrir de l’argent, je leur envoie une facture de la part de l’entreprise que j’ai créée pour cet interfaçage. Du point de vue légal, j’opère dans l’économie standard, je paie mes charges sociales, mes impôts, etc.

Je vois cela comme une étape transitoire.

Recevez-vous un salaire ?

Non, je n’ai pas de salaire. L’argent que je me verse de ma société de temps en temps vient des dons qu’elle a elle-même reçus, une fois retirées les charges sociales, etc. Donc la source reste un don, un acte de générosité, que l’on transforme en facturation pour des raisons légales.

Comment épargnez-vous pour la retraite ?

Je ne crois pas une seconde à la pérennité du système actuel de retraite, public comme privé. Je compte sur le fait qu’entre maintenant et le moment de me retirer du monde, le système monétaire aura évolué (si le monde n’a pas collapsé avant), amenant alors de nouveaux processus de solidarité. En attendant, je prends le risque d’une fin de vie sans ressources financières.

Acceptez-vous l’or ou des métaux précieux en tant que monnaie ?

Non, car ils représentent les formes premières et ancestrales du modèle de la rareté. Je veux utiliser des technologies qui ne créent pas de rareté artificielle.

Si vous tombez malade, l’accès aux soins se fait avec l’argent. Préférez-vous ne pas vous faire soigner plutôt que de payer ?

Pour rappel, je ne me coupe pas de la société, encore moins de ses beaux principes de solidarité, bien au contraire ! Si je tombe malade ou si j’ai un accident,  j’accèderai au système de santé français. Les impôts financent en partie la santé et la solidarité, je prends le parti que ma contribution directe à la société me permet de bénéficier de la solidarité sociale sans rougir.

Avez-vous une objection concernant la propriété ?

Pour maintenir sa cohérence sociale, l’intelligence collective pyramidale a créé sa propre doxa — un ensemble de croyances non-questionnables partagées par tous. La propriété en représente l’une des plus puissantes formes. On croit qu’on possède vraiment quelque chose : un terrain, un animal, un objet, etc. Posséder nous dit implicitement que nous pouvons en faire ce que nous voulons : le vendre, le détruire, l’exploiter, le transformer, etc. La plupart des gens voient la possession et la propriété comme un trait naturel de la nature humaine. Même la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme considère la propriété comme un droit universel.

Sur le plan de l’évolution de la conscience, le sens de la propriété (posséder quelque chose) existe en tant qu’étape temporaire sur l’échelle développementale d’un être humain. Un.e humain.e qui a suffisamment cheminé ne ressent pas l’envie de posséder quelque chose. Il.elle embrasse la réalité comme un flux continu de richesses qui vont et viennent, suivant les besoins et les désirs.

Vu que la propriété se trouve au du cœur des sociétés à intelligence collective pyramidale, la plupart des gens ne dépassent pas ce stade dans leur développement personnel, car rien ne les y encourage. On reste enchevêtré dans l’étoffe sociale de son époque. Ceux qui veulent continuer l’aventure spirituelle et le chemin vers la liberté, réalisent vite le caractère illusoire de la propriété et de la possession. Ils prennent conscience des mécanismes archaïques de peur et de séparation qui nourrissent la pulsion de posséder.

Je n’ai donc rien contre la propriété. Elle existe comme un échelon de l’échelle évolutionnaire. Etant donné que je vis dans une société qui a posé la propriété comme centrale dans son système de croyances, je dois m’adapter et faire des choix pragmatiques. Je n’ai pas besoin de posséder quelque chose pour en avoir l’usage, et même si je possède légalement quelque chose, je n’ai pas besoin de m’en croire le propriétaire. Par exemple si je possède légalement une terre ou une maison, je peux me considérer comme un intendant transitoire.

Si les États faisaient ce que vous aimez, par exemple s’ils n’avaient pas d’armée, ou s’ils œuvraient diligemment contre la pollution, la pauvreté, etc, utiliseriez-vous alors la monnaie que ces États émettent ?

La discipline de l’intelligence collective démontre que la pauvreté, la pollution, les inégalités sociales, l’extinction de masse existent en tant que conséquences d’un système monétaire rare, celui de l’argent. L’égoïsme, la cupidité, la pulsion de conquête et de domination sur les animaux et la vie représentent certes des traits de la psyché humaine, mais dans la plupart des cas l’argent rare les stimule. Cela active alors des idéologies prédatrices et patriarcales telles que le néo-libéralisme et toutes sortes de formes de fascisme.

Je vois mal comment les États, les grandes organisations, la société en général, pourront évoluer vers un futur vertueux et durable tout en continuant d’utiliser le système monétaire actuel.

N’oublions pas que l’argent que nous utilisons aujourd’hui ne vient pas des Etats, mais des banques, autrement dit d’entreprises privées et donc d’intérêts privés.

Je ne pense donc pas que l’argent puisse résoudre les problèmes d’aujourd’hui, je l’utilise toujours à contrecœur et je continuerai de travailler à de meilleures options.

En quittant l’argent, ne dites-vous pas intrinsèquement que vous ne reconnaissez pas les États-Nations ?

Pour autant que je sache, les États-Nations modernes se fondent sur des constitutions. Aucune des constitutions que je connais stipule que la citoyenneté se définit par l’argent. La citoyenneté se construit autour de valeurs fondamentales et universelles. Non seulement le vœu de richesse respecte ces accords, mais il les manifeste à un degré d’exigence supérieur au moyen d’une liberté plus grande encore. Par exemple en France, je vois mal comment on peut honorer les valeurs universelles de “Liberté, Égalité, Fraternité” dans une société baignant dans l’argent, qui stimule prédation et compétition. L’humanité aura fait un grand pas le jour où les Nations respecteront leurs propres Constitutions à la lettre. Une exigence qu’elles ne suivent que très médiocrement aujourd’hui.

Reconnaissez-vous à la société le droit de taxer ses citoyens pour le bien commun (routes, sécurité sociale, etc) ?

Du point de vue plus vaste sur les richesses matérielles, j’adhère au fait que chacun doit apporter sa contribution à la société en partageant la richesse. Cela ne dit pas avec quelle technologie, ni avec quelles unités on représente cette richesse.

L’argent conventionnel dessert le processus de contribution et de solidarité sociales, du fait des effets pervers que nous lui connaissons (condensation liée à l’Effet Pareto, centralisation, rareté, opacité, propriétarisation, etc). Si nous voulons vraiment honorer nos contributions pour la collectivité, on devrait utiliser des technologies appropriées qui soutiennent le mutualisme plutôt que la concentration des pouvoirs. Nous disposons de telles technologies aujourd’hui.
Bientôt ces technologies prendront le relai, il s’agit d’une question de temps.

Dans le cas où les technologies post-argent réussissent, n’allez-vous pas reproduire le même monde qu’avant ?

Informez-vous, comprenez comment ces nouvelles technologies fonctionnent. Mieux : contribuez à leur développement. Cela répondra à votre question.

Ne faites vous pas encore un rêve utopiste en imaginant la société post-argent ? Ne va-t-on pas retrouver encore les mêmes dangers de déshumanisation que l’on retrouve dans les utopies et les expériences d’ingénierie sociale ?

Les rêves utopiques s’avèrent dangereux quand ils ne passent pas le test du principe de réalité, autrement dit quand ils n’intègrent pas les lois de l’univers (le Vrai).

Les utopistes qui voulaient faire voler les plus lourds que l’air ont dû se confronter aux lois de la physique. Test réussi, on connaît la suite.

Une utopie dangereuse typique, et qui a toujours échoué, se produit quand quelqu’un veut que chacun vivre en conformité à un modèle unique. Il y a “industrialisation” de l’idée d’un seul vers tous les autres. Les « -ismes » issus de l’ère industrielle caractérisent bien ce fantasme. En niant la diversité d’un système vivant, on le tue. Boris Vian l’a bien exprimé lorsqu’il écrivait : “Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tout le monde, mais le bonheur de chacun“…

Je me confronte donc au principe de réalité lorsque j’estime qu’on peut élaborer des technologies post-argent qui énoncent, ordonnent, mesurent et font circuler la richesse. Ces technologies de la richesse se basent sur la « physique » des systèmes vivants. Sur le plan biologique, elles existent déjà dans nos corps. Je crois donc au contraire que l’utopie d’une humanité ayant sophistiqué ses technologies de la richesse passera brillamment le test du principe de réalité. D’ailleurs, cette même réalité ne nous montre-t-elle pas combien le système monétaire relève d’un fantasme hors de toute loi physique ou du vivant ? Qui rêve ici ?

Il y a un exemple qui illustre bien cela. Si j’offre à mon enfant un jouet déjà tout fait – par exemple un château médiéval – cela n’a pas le même sens que si je lui offre des cubes ou des Legos. Dans le second cas, il peut infiniment créer, recréer, évoluer, sophistiquer ses créations suivant sa propre évolution. Il demeure libre et souverain, alors que dans le premier cas on lui impose une forme avec laquelle il ne peut vivre qu’une seule expérience. Même chose pour les technologies de la richesse versus l’argent. Les technologies de la richesse offrent un langage infiniment composable, l’argent impose une forme unique de société, le contraire même du vivant.

Pourquoi le mot “richesse” apparaît-il si ambigu ?

Dans le sens commun, riche veut dire qu’on possède beaucoup d’argent et de biens matériels. Le contraire, pauvre, signifie qu’on a ni argent ni biens matériels. Le mot « richesse » porte une ambiguïté qui nous enferme dans la partie matérialiste de notre réalité.

Je puis n’avoir aucune possession matérielle et pour autant me vivre comme l’homme le plus riche du monde, par ceux que j’aime et qui m’aiment, par la beauté qui m’entoure, du fait de ma santé, par ma capacité intérieure à cultiver le bonheur. Je puis appartenir au club fermé des multimilliardaires, et vivre comme le plus misérable des hommes, entouré de corruption, d’avarice, d’intrigues, de superficialité…

Ne trouvez-vous pas intéressant que nous n’ayons pas de vrai vocabulaire pour parler de ce qui nous rend réellement riche ou pauvre ? Pauvreté et richesse entretiennent une des confusions ontologiques parmi les plus dévastatrices que je connaisse. Nous manquons d’un langage de la richesse.

Ne vivez-vous pas sur le dos de vos amis et supporters ?

La vie se tisse sur le soutien mutuel, nous ne pouvons vivre seuls. Nous avons besoin de nos amis, de notre famille, de nos voisins, collègues, pairs, ancêtres et enfants. Le vœu de richesse reconnaît et célèbre ce terreau fertile dans lequel nous grandissons et que nous enrichissons à notre tour. Je veux des relations justes avec mes pairs, fondées sur la générosité que nous nous manifestons durant chaque phase de notre existence.

Quelle différence entre économie du don et économie de marché ? Lisez cet article. Le marché implique une condition majeure, celle d’une contrepartie immédiate : je te donne ceci uniquement si tu me donnes cela en retour. Le don ne repose pas sur cette symétrie immédiate, il pose un acte de confiance, en l’univers, en l’autre. De manière pragmatique, l’économie du don s’avère plus puissante et efficace que l’économie de marché du fait qu’elle se libère de beaucoup de conditions restrictives. Mais jusqu’à présent, on ne savait pas appliquer ce principe à grande échelle, faute de technologies appropriées pour réguler la complexité exponentielle que cela engage. Cet obstacle n’existe plus aujourd’hui, sinon dans nos têtes.

Voyez-vous la différence entre recevoir 1000€ d’un salaire et 1000€ en cadeau ? Pensez-vous vraiment que dans le premier cas vous les méritez grâce à votre travail productif, et que dans le second cas vous ne les méritez pas parce que vous vous comportez comme un parasite paresseux vivant au crochet des autres ? Ne faites-vous pas des cadeaux aux personnes que vous aimez ? Les considérez-vous comme inutiles et nécessiteuses ? Je trouve révélatrices les idées préconçues sur l’utilitarisme, qui décident de ce que l’on mérite ou pas. Raison pour laquelle j’ai choisi de devenir inutile. L’idée de “gagner sa vie” constitue un socle violent de la doxa de l’intelligence collective pyramidale. L’économie du don se coupe radicalement de ces racines empoisonnées.

Voilà pourquoi je m’engage à offrir – et ne plus jamais vendre – mes talents et capacités. Il me semble sain, sur ces bases, d’apprendre à joyeusement accueillir cette même générosité en retour, même si elle ne provient pas de la contrepartie d’un échange.

En ce qui concerne le fait de vivre sur le dos des autres, le système monétaire en cours fait que 1 % de l’humanité vit sur le dos des 99 % restants (en fait la situation s’avère bien pire). Je ne crois pas que quiconque en immersion dans le système monétaire conventionnel se trouve en bonne position pour juger de qui vit sur le dos de qui.

L’économie du don a pour but de créer de la richesse. Elle offre plus de capacité de contribuer que dans l’économie classique.

Y a-t-il une relation entre le vœu de richesse et l’objection de conscience au service militaire, ou au fait de ne pas payer les impôts qui soutiennent la guerre ?

Bien que je supporte la paix, le vœu de richesse ne trouve pas sa motivation dans les problèmes actuels du monde.

Ceci dit, une partie de nos impôts contribue à financer la violence, la guerre et l’armement. Les Etats ne laissent pas leurs citoyens décider et ne leur offrent aucune transparence sur ces questions. Le vœu de richesse me place dans une objection de conscience que je manifeste en essayant de construire une alternative au système monétaire actuel.

Quelles principales difficultés rencontrez-vous ?

Mon aventure de vie génère une telle expérience et ouvre de telles perspectives que j’ai souvent l’impression de vivre dans un monde aveugle et sourd, encore enfermé dans l’obscurantisme et la barbarie. Je fais de mon mieux pour accueillir la vie dans sa forme actuelle, avec sérénité, patience et joie. Comment vivre pleinement et librement ma nature profonde, sans compromis, tout en gardant une relation harmonieuse avec mes pairs ? Cette question m’apparaît comme un défi plus important.

Vos choix ne vous rendent-ils pas irresponsable au regard de vos obligations familiales ?

J’ai abandonné les notions “d’obligation” et de “morale”, tant ces lignes me paraissent mortifères et dépassées. Je me considère comme “amoral”, car je sais qu’en suivant les forces créatrices de mon être je n’ai pas besoin de contenants extérieurs.

Voir l’article « Comment j’ai fini par devenir inutile« .

Avez-vous opéré la séparation de tout ce que vous aviez ?

Presque. A part quelques objets sentimentaux reçus comme cadeaux et qui représentent des marques d’amour, je n’ai plus grand chose de personnel. J’ai également refusé les objets venant de ma famille, je les vois comme un poids émotionnel.

Donc aujourd’hui seules me restent les affaires fonctionnelles et mobiles : vêtements, livres, informatique, moto, parapente…

Avec combien de personnes comptez-vous vivre au moyen d’autres technologies que l’argent ?

J’espère que bientôt l’humanité toute entière évoluera vers les technologies post-argent. Les crises économiques présentes, tellement prévisibles tant elles s’avèrent structurelles et non conjoncturelles, me montrent que l’évolution va se faire beaucoup plus vite qu’on ne le croit.

Quoi qu’il advienne, vous accédez aux biens et services que les autres achetent avec leur propre argent ! Vous ne trouvez pas ça un peu hypocrite ?

La plupart du temps j’entends une répartie sarcastique après avoir partagé le fait que la richesse me parvient sous forme de cadeaux. Des phrases du genre : “Vous ne pensez pas que vos généreux donateurs ont dû les acheter pour vous, ces cadeaux, ou partir à la chasse à cet argent qu’ils vous offrent si gentiment ?

Le mental joue encore et toujours ses bons vieux tours. Si vous pensez ainsi, je vous invite à réfléchir de manière organique. Le monde change parce que quelques personnes commencent quelque chose, et ce quelque chose se construit sur le terreau de l’ancien système, au moins pour un certain temps avant que ne naisse un nouvel écosystème autonome. Croyez-vous vraiment que les premiers anti-esclavagistes vivaient à 100 % en dehors de l’économie de l’esclavage, juste d’un coup de baguette magique ? Il a fallu une personne, puis dix, puis cent, puis des milliers et des millions avant que la structure profonde du collectif n’opère sa transmutation. La prégnance de l’ancien système ne nous interdit pas de faire un premier pas, puis un suivant.

Patiemment, je joue avec d’autres aficionados de l’économie du don dans le monde, des gens entreprenants qui veulent inventer les technologies et infrastructures qui porteront cette évolution. Bonne nouvelle : cette communauté grandit rapidement et risque un jour de pouvoir totalement se passer de l’économie de marché.

La richesse que vous désirez dépasse les besoins de base et montre un goût pour les choses chères. Comment vous vous sentez par rapport à ça ?

Je vous invite à lire l’article « Demander inconditionnellement« .

Désormais la petite souris ne met plus de petite pièce sous l’oreiller de votre enfant lorsqu’il perd une dent de lait ? 🙂

La petite souris, qui a elle aussi envie d’évoluer, a déjà trouvé plein de nouvelles idées rigolotes !

Pour vous, posséder une action d’entreprise, des parts dans un fonds, ou des obligations émises par le gouvernement s’apparente-t-il à l’usage de la monnaie conventionnelle ? Ou s’agit-il déjà de monnaies libres émises par différentes organisations ?

La plupart de ces produits existent en tant que dérivés ou sous-produits de la monnaie conventionnelle, donc je n’ai aucune envie de m’en servir.

Comment vous procurez-vous votre nourriture ? Voilà un besoin quotidien !

J’achète ma nourriture avec de l’argent conventionnel, celui que j’ai reçu en don.

Logement, voiture, électricité, assurance, habillement, transports collectifs… Autant de choses auxquelles nous accédons par l’argent dans nos sociétés. Comment faites-vous ?

Certaines de ces richesses me viennent en tant que cadeaux directs, parfois je les achète avec l’argent que j’ai reçu en tant que don. Cependant on ne peut pas considérer le train et l’avion comme des dons, mais comme des frais directs liés aux cadeaux que je peux moi-même offrir.

Comment payez-vous vos impôts ? Allez-vous exiger des gouvernements qu’ils fonctionnent avec d’autres formes que l’argent ?

En tant que gérant d’une entreprise, je paie des impôts, mon entreprise paie des impôts, et la moitié de l’argent qu’elle me donne va à l’Etat. Il y en a aussi une grosse partie que je donne à des personnes dans le besoin, ou à des causes que je veux soutenir.

Je ne pense pas pour l’instant que les Etats-Nations actuels vont travailler avec des monnaies autres que l’argent, du moins tant que les standards n’ont pas évolué. On peut cependant espérer l’émergence de nouvelles nations, avec des systèmes monétaires bien mieux faits, et des impôts transparents.

Comment voyez-vous le jour où vous arrêterez définitivement l’usage de l’argent ?

Je ferai la fête !

Pouvez-vous clarifier ce que vous appelez le Beau, le Bon, le Vrai ?

Si vous voulez creuser cette question plus avant, je vous invite à lire la page richesse intégrale.

Le Beau a trait à l’élan créateur qui vit en chaque âme humaine. Chaque être humain possède cette étincelle, cet élan qui l’invite à manifester la beauté au moyen d’un art ou d’un savoir-faire. Peu importe la forme de l’expression, le niveau de maîtrise, le type d’art, le style, les canons culturels… Le Beau émane de l’expression intime, subjective du Je. Sur le plan sociétal, il se rapporte aux Arts.

Le Bon introduit l’autre, l’alter ego. On ne peut rien considérer comme bon tant qu’autrui ne l’a pas déclaré comme tel. L’autre – un être humain, la société, la nature, l’univers – exprime directement ce qu’une création provoque en lui, de manière verbale ou corporelle (un arbre qui se magnifie ou qui dépérit par exemple). Ainsi le Bon vient par le Tu. Sur le plan sociétal, il se rapporte à l’Éthique ou la Morale.

Le Vrai manifeste le principe de réalité, le tiers extérieur au je et au tu. Le principe de réalité fonctionne comme un miroir en face duquel nous confrontons nos capacités et notre créativité. Il dit à l’ingénieur, de manière impartiale, si la centrale nucléaire va résister aux tremblements de terre et aux tsunamis. Le principe de réalité nous apporte de rudes leçons sur les conséquences de nos actes et de nos choix. Il opère comme notre maître miroir auprès duquel nous apprenons à perfectionner notre art. Le Vrai émane du Ça (ou du « il » ou « elle »). Sur le plan sociétal, il se rapporte aux Sciences.

Je pour le Beau, Tu pour le Bon, Ça pour le Vrai. Nous voyons se révéler la structure fondamentale de notre construction du monde, reflétée par les bases de la grammaire. Notre structure ontologique repose sur ces briques fondatrices.

Beau, Bon et Vrai s’entremêlent. Comment peut-il y avoir de la beauté face au mensonge ? Comment peut-il y avoir du bon sans vérité ? A quoi sert la vérité si on ne la pétrit pas de beauté et bonté ? Beau, Bon, Vrai opèrent comme la diffraction en trois couleurs d’une seule et unique source de lumière. Ils composent tout ce que nous nommons « richesse ».

 

Beauty, Goodness and Truth building Wealth

Comment définissez-vous la richesse ?

Telle qu’exprimée dans le vœu, je vois la richesse comme tout ce qui nous rapproche du Beau, Bon et Vrai.

Dans le langage courant, le mot richesse se rapporte à quelqu’un qui a beaucoup d’argent. Cela montre la confusion qui existe entre la fin (l’argent) et les moyens (la richesse). L’argent offre un moyen d’accéder à certaines formes de richesses, le plus souvent matérielles. L’argent permet d’accéder à une toute petite portion du vaste spectre de la richesse. Comment pourrait-on le considérer comme une fin ? La fin, elle, s’incarne dans la richesse, dans son sens le plus profond.

Comment définir la richesse alors ? La richesse devient richesse tout simplement parce que nous la déclarons comme telle.

Voir les conférences données sur le sujet (en anglais).

Que signifie la pauvreté alors ?

La pauvreté veut dire absence de richesse. Elle provient souvent de notre incapacité à nous relier à la richesse autour de nous et en nous, au Beau, au Bon, au Vrai.

Ne trouvez-vous pas votre aventure risquée, inconsciente, idéaliste ?

L’exploration de l’inconnu se veut par nature risquée et incertaine. Les gens qualifient cela d’“idéaliste” tant que cela n’entre pas encore dans leur réalité. Alors oui, l’idéalisme dirige mes actions, au travers de l’approche empirique des essais et erreurs.

Risqué ? Oui, bien sûr.

Inconscient ? Le statu quo actuel me semble beaucoup plus dangereux et inconscient.

Même si l’on tombe d’accord avec votre objectif, n’avez-vous pas choisi un moyen extrêmement compliqué, extrême et dangereux pour y parvenir ?

Les explorateurs ne connaissent vraiment le risque qu’ils ont pris qu’après avoir essayé. Tant qu’on n’a pas essayé, toutes les élucubrations restent possibles.

Dans une perspective plus globale, je sens plus de risque — pour moi, et plus encore pour les prochaines générations — en perpétuant et en jouant avec le système en cours. On a là, quelque part, le dilemme de l’émigrant : émigrer le projette dans un futur risqué et incertain, mais cela demeure malgré tout un bien meilleur choix que de rester sur place.

Ceci dit, au-delà de ces explications fondées sur le raisonnement, un appel créateur, au plus profond, me guide. Quel explorateur peut résister à l’appel du large ?

D’où vient ce vœu ?

Ce vœu a jailli en moi le matin du 7 septembre 2009 lors d’une retraite que je faisais au Mexique. Je l’ai vécu comme une transition instantanée, un peu comme une transition de phase en physique.

Une longue alchimie intérieure avait opéré avant, nourrie par mes recherches sur l’intelligence collective et la société post-argent, combiné avec la méditation. Un chemin à la fois intellectuel et spirituel.

Suivez-vous ce vœu par activisme social ?

Non. Je ne prononce pas ce vœu par activisme social. Il vient de ma pratique de vie, également parce que ma nature fait de moi un explorateur.

Quelles étapes voyez-vous pour l’application pratique du vœu de richesse ?

Ce vœu implique pour moi de passer de l’usage de l’argent conventionnel à celui des technologies post-monétaires (monnaies libres). Une telle transition passe par de nombreuses étapes et nous confronte à de nombreux challenges. Seul un mouvement et un effort collectifs nous permettront de migrer vers une société libérée de l’argent.

Ce voeu ne vous engage-t-il pas à avoir des relations exclusives avec ceux qui ont le même style de vie ?

Pas du tout. La plupart des gens pratiquent la générosité dans leur vie quotidienne, ils ne s’en rendent simplement pas compte. J’ai choisi d’explorer plus avant cette pratique pour comprendre ce qu’elle implique pour la société comme pour moi-même si on l’institutionnalise à grande échelle.

 

Le vœu de richesse ne s’apparente-t-il pas au vœu de pauvreté que l’on rencontre dans de nombreuses traditions spirituelles ? Allez-vous devenir un mendiant ? Un SDF ?

Le vœu de pauvreté apparaît dans toutes traditions spirituelles que je connais. Pour développer une conscience plus vaste, pour s’ouvrir au Divin, il ne faut pas se compromettre ni se laisser distraire ou emprisonner dans les possessions matérielles. Quitter les biens matériels se vit comme une libération ouvrant la voie vers la vraie richesse.

Beaucoup confondent le vœu de pauvreté avec mendicité et misère. S’il demeure exact que certaines pratiques spirituelles passent par la mendicité, la plupart des communautés spirituelles ont construit et généré d’incroyables formes de richesses matérielles. Elles proviennent des contributions de chacun dans un contexte d’économie du don. Regardons les monastères, les ashrams, les temples et la plupart des lieux de culte : beaucoup existent entourés de beauté naturelle, élaborés avec les arts les plus raffinés de leur époque, organisés autour de principes économiques fondés sur le partage. Quand la spiritualité vit de manière authentique et vivante, personne ne revendique un droit de propriété sur cette richesse. On a là un des aspects profonds du vœu de pauvreté.

Nous vivons dans un monde où la pauvreté matérielle et spirituelle ont atteint des niveaux sans précédent, où consumérisme et matérialisme constituent la forme de pauvreté des pays industrialisés, où les personnes se mettent en esclavage les unes les autres pour de misérables salaires. Et pourtant la richesse nous entoure. Elle existe partout autour de nous si nous savons la faire exister en nous. Il nous faut juste apprendre à étendre notre regard. D’où une question pratique sous-jacente : de quel type d’intelligence collective avons-nous besoin pour accéder, construire, partager, faire émerger cette richesse au niveau global ?

Le vœu de richesse met l’emphase sur le fait que les formes matérielles de richesse peuvent démultiplier notre capacité à devenir des êtres et des sociétés accomplis, pour peu que l’on respecte certaines conditions :

  • la richesse ne vient ni d’un vol ni d’un pillage (sans quoi on ne remplit pas la condition du Bon)
  • au contraire, la richesse se veut “additive” ; l’usage que nous en faisons doit bénéficier à la vie, ce qui inclut l’environnement
  • peu importe la richesse, nous ne devons pas nous en considérer comme les propriétaires, mais comme au minimum des administrateurs et des gardiens, ou mieux encore : des artistes créateurs
  • la richesse matérielle nourrit notre joie d’être et notre créativité, et vice-versa

Ceci dit, la façon dont on nomme ce vœu – vœu de richesse ou de pauvreté, ou autrement – n’a pas beaucoup d’importance du moment que l’intention et l’expérience demeurent authentiques.

Espérez-vous que d’autres prononceront le même voeu que vous ?

Je n’ai aucune attente spécifique.